16 novembre 2011

Submit your project for the Zumtobel Group Award 2012

Zumtobel Group Award  for Sustainability and Humanity in the Built Environment

Objectifs du Groupe :Avec les effets dramatiques de l'exploitation de l'environnement et la pollution de plus en plus apparente, la question de la durabilité a gagné en importance sociale et économique. Dans l'environnement construit en particulier, architectes, ingénieurs et promoteurs immobiliers sont invités à répondre à ces défis en combinant les connaissances scientifiques, l'innovation technique et la créativité avec un fort sentiment de responsabilité et de courage. Pendant de nombreuses années maintenant, le groupe Zumtobel a assigné la priorité à la durabilité et l'efficacité énergétique de ses produits et leur application. Comme la prochaine étape logique dans cet engagement d'entreprise du groupe Zumtobel a créé le «Prix du groupe Zumtobel pour la durabilité et l'humanité dans l'environnement construit". Le prix, organisé par Aedes architecture Forum à Berlin, est destiné à honorer des solutions durables dans l'architecture et l'ingénierie qui apportent une contribution notable à une vivable, durable et équitable.
Winner
Harmonia // 57 Office Building Sao Paulo, Brazil
Copyright Nelson Kon, Triptyque Architects

A noter si vous voulez participer au concours, la soumission d'un projet est gratuite, et doit être faite avant le 01 décembre 2011:

17 août 2011

Aga Khan Award for Architecture: Revitalisation of the Recent Heritage of Tunis

Le patrimoine architectural des villes d’Afrique du Nord de la fin du XIXe et du début du XXe siècle incarne l’importance des échanges culturels entre le sud et le nord de la Méditerranée.
Ce patrimoine repose généralement non loin des anciennes médinas, souvent négligé dans l’élan de revitalisation des centres-villes historiques de la région.
La Ville Nouvelle de Tunis a été construite alors que la Tunisie était un
protectorat français. Elle reflète le passage du schéma urbain des anciennes médinas à un plan quadrillé qui a modifié le caractère de la ville.
Le plan de revitalisation urbaine, élaboré et mené par l’Association de Sauvegarde de la Médina de Tunis (ASM), a restructuré les espaces publics autour de l’avenue Bourguiba et de l’avenue de France
pour en faire une zone principalement piétonne.
Il a également dressé une liste et restauré les monuments clés, à l’instar du Théâtre municipal, du Marché central, de l’ancien Tribunal administratif et du Cinéma Palace, qui sont désormais à nouveau utilisés.
L’ASM continue activement de conseiller les institutions et les particuliers des secteurs publics
et privés qui souhaitent entreprendre des projets de conservation, et ce afin d’assurer la qualité
globale et d’atteindre les objectifs des nombreuses parties intéressées.


Location: Tunis, Tunisia (North Africa)
Architect: Association de Sauvegarde de la Medina de Tunis (ASM)
Client: Municipality of Tunis
Completed: 1998-2007 ongoing
Design: 1998-ongoing
Site size: 60'000 m²
'L’ASM reçoit le Prix Aga Khan d’Architecture Islamique 2010 pour le projet de « Revitalisation de l’hypercentre de Tunis »Créé voilà 30 ans par Son Altesse L’Aga Khan dans le but de promouvoir la culture islamique via une expression architecturale éclectique, Le Prix Aga Khan d’Architecture récompense des ouvrages d’excellence imprégnés de l’esprit des lieux, respectueux des attentes de la communauté locale et novateurs en terme de technologie.  Décerné tous les trois ans par un jury indépendant au terme d’un rigoureux processus de sélection, le Prix en est à ce jour à son onzième volet couvrant la période 2008-2010.
C’est ainsi que l’ASM, partenaire privilégiée de la Mairie de Tunis œuvrant depuis sa création en 1967 pour la préservation et la mise en valeur de la Médina, centre historique urbain classé sur la Liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 1979,  s’est vu récompensée pour la quatrième fois  consécutive par ce prestigieux prix (en 1983, pour le quartier Hafsia, en  1989 pour l’Ecole Primaire Sidi El Aloui et en 1995 pour la reconstruction du quartier Hafsia II)  pour ses efforts entrepris en matière de protection et de revalorisation du centre-ville de Tunis,  

Le jury a salué dans ce projet de revitalisation de l’hypercentre de Tunis la délicate démarche  de l’ASM pour venir au secours d’un patrimoine très souvent négligé et  considère que  " La revitalisation du patrimoine architectural de la fin du XIXème et début du XXème siècle dans le quartier de Bab B’Har, dans l’hypercentre de Tunis, représente une contribution et une source d’inspiration importantes  pour la compréhension de l’histoire récente du monde islamique et de l’héritage culturel de l’époque coloniale"...'

Description du projet

8 avril 2011

19 Projets pour l' Aga Khan Award for Architecture,2010

De 19 projets sélectionnés pour le prix de l'architecture 2010 de la Fondation Aga Khan, 5 ont été choisis par le jury:
Wadi Hanifa Wetlands, Riyadh, Saudi Arabia Revitalisation of the Hypercentre of Tunis, Tunisia Madinat Al-Zahra Museum, Cordoba, Spain Ipekyol Textile Factory, Edirne, Turkey Bridge School, Xiashi, Fujian, China.


Mais avant de vous présenter ces cinq projets gagnants, j'aimerais attirer votre attention sur deux des projets pré-selectionnés, le CBF Women's centre, à Ouagadougou et l'école verte en Indonésie.
Priorité à la Santé et l'Education. L'Ecologie et l'Economie.



CBF Women's centre, à Ouagadougou

Installé dans une des banlieues les plus pauvres de Ouagadougou, le Centre des femmes de CBF s'appuie sur les droits des femmes .
3 mots d'ordre pour ce centre: santé, éducation, sensibilisation.

Le bâtiment se compose principalement de deux blocs distincts, mais étroitement liés.
Un certain nombre de mesures passives de refroidissement ont été adoptées. Ceci afin de réduire le besoin de climatisation et de fournir un prototype qui peut être reproduit dans toute la région.
Les deux bâtiments sont élevés sur une plate-forme pour favoriser la ventilation naturelle et protéger l'intérieur de la poussière, la boue et l'humidité, un léger PVC,la canopée des arbres, et les ouvertures extérieures qui sont munies de persiennes en verre....
Le centre a son propre puits et des cellules photovoltaïques.
En outre d'être pourvoyeur de médicament et conseils , il est devenu un lieu de rassemblement pour la communauté, un endroit pour partager des idées et organiser des cérémonies.
Malgré son apparence peu conventionnelle, le Centre a été en mesure de générer un fort sentiment d'appartenance. (source en anglais:  Aga Khan Award for Architecture )

Summary:Location: Ouagadougou, Burkina Faso (West Africa)
Architect: FARE Studio, Riccardo Vanucci
Client: AIDOS (Associazione Italiana Donne per lo Sviluppo)
Completed: 2007
Design: 2005
Site size: 500 m




L'école verte, à Bali
Architectes et écologistes, John et Cynthia Hardy ont voulu motiver les communautés à adopter un mode de vie durable et opter pour des méthodes de construction utilisant des matériaux durables, en l’occurrence le bambou.
C’est dans cet objectif qu’ils ont fondé l’École verte et créé un campus qui enjambe la rivière Ayung, à Sibang Kaja, sur l’île de Bali. Le campus est niché au coeur d’une jungle luxuriante, au milieu de plantes et d’arbres endémiques, et doté de jardins organiques durables.
L’école est alimentée par différentes sources d’énergie alternatives, dont un système d’eau chaude et de cuisson à la sciure de bambou, un générateur de vortex hydraulique ainsi que des panneaux solaires.
Le campus abrite des salles de classe, un gymnase, des espaces de rassemblement, des logements pour les étudiants, des bureaux, des cafés et des commodités.
Le campus de l’École verte présente toute une gamme d’importants espaces très intéressants d’un point de vue architectonique, allant du grand espace commun sur plusieurs étages à la petite salle de classe.
Quant au bambou, il est un matériau local durable dont l’utilisation innovante et expérimentale démontre ses possibilités d’utilisation en architecture.
Au final, une communauté verte et holistique est née, chargée d’une importante mission éducative, celle d’inspirer les étudiants vers une plus grande curiosité, à s’engager plus avant et avec plus de passion en faveur de notre environnement et de notre planète.
 
Summary:
École verte PT Bambu Yayasan Kul Kul
Design :
2006
Achevé :
2007
Surface construite :
7 542 m²

 

Client :

23 décembre 2010

Rencontre avec Francis Kere

" Les grandes traditions architecturales africaines ne sont pas valorisées et enseignées ". Entretien de Franck Houndégla avec Francis Diébédo Kéré  

Pouvez-vous nous raconter l'histoire du projet de l'école de Gando (Burkina Faso) dont le bâtiment fut récompensé en 2004 par le prix Aga Khan ? À l'origine se trouve l'association " Schulbausteine für Gando " (Les briques pour l'école de Gando) fondée avec des membres de ma famille à Gando et des personnes du village dans le but de construire une école sur place. Ce projet que j'ai porté à travers mon travail d'étudiant a reçu le prix Aga Khan d'architecture quelques mois après ma sortie de l'école d'architecture. Ce projet a pu voir le jour car il avait une assise locale. Il s'appuie sur l'engagement de la famille et de la population du village. Pourquoi avez-vous choisi de vous installer en Allemagne ? Lorsque j'étais charpentier au Burkina Faso, j'ai obtenu une bourse d'études d'une fondation destinée à favoriser les échanges entre l'Allemagne et les pays dits en voie de développement. C'est comme cela que s'est fait ce lien avec l'Allemagne.

Basé à Berlin, vous développez des projets d'architecture en Europe, Afrique ou en Asie. Comment vous organisez-vous au quotidien pour suivre ces différents projets ? Avec quelle structure ? Aujourd'hui je travaille avec une équipe de base de huit personnes, avec lesquelles je partage une même approche de l'architecture. Cette équipe peut s'agrandir par des collaborations selon les projets.  

Quelle est votre vision de l'urbanisme et de l'architecture des villes africaines que vous connaissez ? Pouvez-vous donner des exemples ? Je regrette qu'il y ait en Afrique si peu de débats aujourd'hui sur la place de l'architecture et des architectes dans la fabrication du cadre de vie et l'aménagement du territoire. Notre rôle n'est pas seulement architectural ou urbain mais aussi politique. Les villes africaines que je connais montrent rarement une véritable personnalité architecturale contemporaine. On a le sentiment que la qualité et les savoirs faire que l'on voit dans l'architecture " vernaculaire savante ", dans l'architecture coloniale puis dans l'architecture moderniste des années 50 à 70 se sont perdus. Depuis les années 80, il y a peu de propositions satisfaisantes des points de vue culturel, esthétique et constructif. Sous la pression économique, on veut construire trop vite. Le béton n'a plus le temps de bien " prendre " et les maisons s'écroulent. Pourquoi ? Ceux qui dessinent et ceux qui construisent ne sont parfois pas qualifiés. D'autre part, les Africains doivent accepter leurs propres origines. Partout sur terre, on rencontre un art de bâtir. Les grandes traditions architecturales africaines ne sont pas valorisées et enseignées. Les savoirs-faire locaux se perdent par manque de documentation. On pense qu'ils ne sont pas innovants, mais aujourd'hui la construction en terre est considérée à nouveau comme source d'innovation dans le monde entier. Il y a aussi un manque de dialogue entre les nombreux architectes du continent, dû à la peur du débat, à la barrière de la langue et aux distances. Pour résumer c'est un problème de formation, d'information et d'échanges d'idées.  

Pourquoi y a-t-il une telle méconnaissance internationale du fait urbain en Afrique ? Je vais paraître dur mais pour moi, dans ce que je connais de l'Afrique, on rencontre trop de mauvaises copies des façons de construire en Occident. La ville africaine n'existe pas dans les médias car ils préfèrent parler de l'original que de la copie. Souvent ces villes n'ont aucun ou n'ont plus de caractère propre contrairement à des villes comme New York mais aussi comme Djénné, qui est une ville africaine très connue. Il faudrait que les identités de villes correspondent à la façon de vivre des gens, à la notion de plaisir urbain… On regarde de haut les bidonvilles et les quartiers non-lotis. Mais ces quartiers qui recèlent des inventions deviendraient " de la ville " grâce des infrastructures basiques. Mais comme on n'a pas la capacité technique de redessiner et équiper ces quartiers, ils restent en l'état. Il ne s'agit pas de créer des Champs-Élysées partout mais de faire avec le contexte. A Ouagadougou, il faut arrêter les lotissements basés sur le modèle européen qui s'appuie sur une culture industrielle à même de produire les infrastructures nécessaires. En Afrique, chacun veut un terrain mais comme les infrastructures qui vont avec ne viennent pas, on détruit la nature et les champs. Au Burkina, les gens vivent au-dehors, ils ne vivent pas verticalement comme en Europe. La cuisine est dans la cour. Les maisons à étages et les immeubles d'habitation ne correspondent pas au mode de vie et à la culture de l'espace. Les architectes ont une responsabilité dans le développement des modèles architecturaux. Face à la faiblesse de l'économie et au manque de volonté des commanditaires, qui ne veulent se donner les moyens de la qualité, les architectes doivent montrer qu'ils ne sont pas uniquement des techniciens, sinon on les remplace par des ingénieurs ou par des maçons. C'est ce qui se passe aujourd'hui.

En tant qu'architecte qui développe des projets de haut niveau, comment envisagez-vous la transmission de votre vision, de votre expérience et de votre métier, notamment sur le continent ? Comment se fait la transmission d'un savoir ? Il y a nécessité de créer des structures d'apprentissage, de recherche et de diffusion. Je travaille à la mise en place de centres de ce type au Burkina. Il faut documenter les expériences et les publier. Nous devons former des jeunes aux cultures constructives, former des maçons avec des compétences supérieures capables de travailler dans différentes régions. Ils seront certes plus chers que les autres, mais travailleront dans des créneaux d'excellence.  
Pour poursuivre cette réflexion : comment voyez-vous la réussite internationale d'architectes comme David Adjaye(1) ou vous-même ? Les réussites semblent avant tout individuelles. Pensez-vous que l'on puisse"réussir" collectivement en Afrique et dans la diaspora ? En terme de " réussite " tout est relatif et fragile. Malheureusement la réussite de la diaspora est avant tout individuelle. Il faut certes partir de soi, de ses capacités, mais cette façon individuelle de " réussir " peut aussi stimuler d'autres gens ou d'autres groupes. L'important est à terme d'arriver à monter des projets collectifs. Il faut tenter, faire des propositions, expérimenter. C'est comme cela que l'on développera la qualité de l'architecture.

1. Architecte d'origine ghanéenne, né en Tanzanie, David Adjaye a été choisi par Barack Obama pour bâtir le Museum of African American History and Culture au pied de la Maison-Blanche Pour connaître le travail et l'actualité de Francis Diébédo Kéré : http://www.kere-architecture.com Exposition " Small Scale, Big Change : New Architectures of Social Engagement " Museum of Modern Art - MOMA (New York) 3 octobre 2010 - 3 Janvier 2011 http://www.moma.org/visit/calendar/exhibitions/1064

Connaisez vous Francis Kéré?

« Si tu donnes un poisson à un homme, il se nourrira une fois. Si tu lui apprends à pêcher, il se nourrira toute sa vie. » Proverbe du philosophe taoîste chinois Ho-Kouan Tseu , ce pourrait bien être aussi le leitmotiv d’un immense architecte, africain : Francis, Diébédo Kéré. Domus, la célèbre revue italienne d'architecture et de design, affichait sur la couverture de son numéro 927 de juillet-août 2010, le visage de Francis Diébédo Kéré. Ce signe confirmait la reconnaissance internationale du travail de ce jeune architecte burkinabé. Natif de Gando dans la province du Boulgou, Francis Diébédo Kéré fait partie de cette génération d'architectes africains qui exercent au sein de plusieurs mondes culturels, plusieurs géographies. Son parcours l'a mené du Burkina Faso, où il a grandi et fut charpentier, à l'Allemagne où il est devenu architecte. Aujourd'hui, depuis son agence installée à Berlin qui réunit huit personnes, il construit non seulement au Burkina mais en Suisse, au Mali, en Chine, au Togo ou en Espagne : - Il collabore actuellement avec le metteur en scène Christoph Schlingensief au projet Festspielhaus Afrika. Une salle d'opéra qui est construite à quelques kilomètres de Ouagadougou, plus précisément à Loango; - Il a remis les clés pour l´inauguration du musée de l´architecture en terre de Mopti ; - Il a mené de mains de maître le projet de construction du parc national du Mali à Bamako ; - Il a inauguré récemment ; au Togo, le Centre de formation de Dapaong qui est en chantier depuis l’automne 2010 ; - Au Yémen, un prototype de bâtiment scolaire fondé sur des critères bioclimatiques fût déjà réalisé. Voir photo ci-dessous: Francis Kéré, tout comme David Adjaye, sont des architectes doués d’un style, d’une certaine éthique morale et qui font partie de ces quelques rares architectes plébiscités, reconnus par leurs pairs. Pour preuve ces quelques « awards » : En 2004, Francis Kéré a reçu le prestigieux Prix Aga Khan d'architecture pour l'école de Gando au Burkina Faso, prix instauré par Karim Aga Khan en 1977 pour récompenser l'excellence en architecture dans les sociétés musulmanes. Il a également été lauréat de prix tels que le " Zumtobel Award for sustainable Architecture ", le " Global Award for Sustainable Architecture 2009 ". ou le " BSI Swiss Architectural Award ". Cette dernière distinction citée, couronne des architectes de moins de 50 ans ayant « apporté une contribution importante à la culture architecturale contemporaine, en montrant une sensibilité particulière au paysage et à l’environnement ». En 2007 il est fait chevalier de l'ordre national du Burkina Faso 2007 pour l'extension de Gando, et enseigne désormais à la Technische Universität Berlin. Son travail est présenté dans le cadre de l'exposition " Small Scale, Big Change : New Architectures of Social Engagement " qui se tient au Museum of Modern Art - MOMA (New York) du 3 octobre 2010 au 3 Janvier 2011.